Les devoirs, les libertés et l’irréparable droit et littérature au XIXe siècle (H. Melville, T. Fontane)
Par Rémi Oulion, Professeur d’histoire du droit à l’université Clermont Auvergne, CMH
Le XIXe siècle constitue un bon point d’observation afin de confronter le monument du Code civil[1] à une richesse littéraire publique ou privée, romanesque, épistolaire[2], issue de la presse[3] ou de mémoires[4] et journaux intimes[5]. Cela permet de penser une histoire des savoirs juridiques plutôt qu’une simple histoire de la science juridique[6], approche fondamentale pour un thème sur lequel tout le monde peut avoir une opinion. L’analyse croisée de ces sources montre que le système inégalitaire construit et entériné par le droit fait l’objet d’une intériorisation par les individus qui reproduisent les hiérarchies et subordonnent leurs sentiments aux corsets normatifs afin de perpétuer l’archétype matrimonial. Les sources sont plus abondantes dans les milieux bourgeois en raison d’un accès facilité à l’écriture mais, si les populations rurales ont laissé moins de traces, l’on sait combien les conditions de vie transforment à la fois l’intimité (habitats en commun, promiscuité, hygiène) et la répartition des tâches. Les femmes à la campagne ne sont pas oisives ou cantonnées aux seules tâches domestiques[7]. Elles travaillent aux champs et participent à la production artisanale ainsi qu’à la vie commerciale, au-delà de la simple comptabilité du quotidien.
Les devoirs liés au mariage, les enjeux affectifs et matériels, sont étroitement liés au contexte familial, enchâssé dans la normativité générale du moment. Les femmes y jouent souvent un rôle central mais paradoxal : fortement investies dans les affaires matrimoniales, elles contribuent à la circulation des émotions, à la gestion des relations et parfois à l’orientation des choix, tout en intériorisant largement les normes de genre et l’idéal domestique du XIXe siècle. Rares sont les contestations explicites, récurrents sont les ajustements subtils entre sentiments, devoirs et responsabilités familiales.
C’est à partir du milieu du XIXe siècle que plusieurs facteurs de transformation viennent fragiliser le modèle conjugal traditionnel[8] : montée de l’individualisme, affirmation progressive du désir féminin, revendications féministes (droit à l’instruction, au travail, à la maîtrise de la fécondité) mais aussi la diffusion d’un imaginaire amoureux porté par la littérature, particulièrement féconde sur ce thème. Nous nous sommes alors autorisés un détour du côté de l’étranger, auprès de Melville mais surtout Fontane, afin de sortir de l’évidence balzacienne française et de sa Physiologie du mariage.
Les œuvres de Herman Melville (1819-1891) sont sans aucun doute parmi les plus fécondes en termes de propositions juridiques[9]. Toujours prompt à questionner les dilemmes moraux et simuler le renversement des rapports de domination créés et entretenus par le droit[10] (homme/femme, maître/esclave, commandant/marin, employeur/employé etc.) il propose dans Pierre ou les ambiguïtés (1852) un tableau hautement subversif des devoirs conjugaux et de la liberté. En s’engageant à recueillir une demi-sœur, Isabel, surgie de nulle part, dans une ambiguïté incestueuse, Pierre détruit les conditions mêmes du mariage qu’il projette avec sa fiancée Lucy. Il protège la réputation de son défunt père au nom de principes d’une justice absolue, perçue à travers une série de preuves et de présomptions quant à la réalité de la filiation d’Isabel[11], au prix de la destruction du lignage légitime et de la condition des individus[12]. Au regard du droit américain du XIXe siècle, la promesse de mariage n’est pas un acte anodin et possède une véritable valeur contractuelle pouvant aboutir à des actions en breach of promise to marry, permettant à une femme d’obtenir réparation en cas de rupture fautive. Le droit confère à la fiancée un statut protégé parce qu’elle deviendra vulnérable dans un ordre juridique dominé par la coverture qui fond l’existence et la capacité de l’épouse dans la personne de son mari. En brisant cette promesse, Pierre rompt un engagement légal mais renonce en cascade à sa position sociale, prive Lucy d’un foyer légitime, altère son honneur et se condamne au déclassement, à l’infâmie et à la pauvreté dans un immeuble peuplé d’artistes et de marginaux[13]. Melville insiste sur la rapidité brutale de la rupture, son caractère irrationnel, presque extatique. Pierre est guidé non par un motif légitime ou par une défaillance objective du contrat mais par une impulsion qui sommeille dans l’ombre et qu’il confond avec la justice : « Certains cœurs humains recèlent un mystère sombre et insensé qui, parfois, sous l’empire d’une humeur usurpatrice, les conduit à rejeter impatiemment le lien le plus cher, comme un obstacle à la réalisation de la fin transcendantale que cette humeur usurpatrice leur suggère tyranniquement. Alors, ce lien si cher ne semble plus nous rattacher à un bien essentiel ; élevés sur les cimes altières, nous pouvons nous passer de la vallée ; […] nous étreignons l’air sans limites et sans corps, nous cessons de nous considérer comme des humains, nous devenons pareils à d’immortels célibataires, à des dieux »[14]. Dans un pessimisme tout melvillien, le roman montre que le contrat conjugal, une fois rompu, ne laisse aucune place à la reconstruction.
L’irréparable est aussi au cœur du roman réaliste de Fontane, Unwiederbringlich (1892). Méconnu en France, Theodor Fontane (1819-1898) est l’un des piliers de la littérature allemande du XIXe siècle et en de nombreux points opposés à Melville, du point de vue biographique et stylistique. Il constitue à nos yeux le pendant littéraire du cinéaste Yasujirō Ozu, conteurs des causeries et des silences familiaux, offrant au lecteur et au spectateur des personnages complexes qui, malgré leurs travers, suscitent toujours une profonde empathie. Unwiederbringlich, qui a récemment fait l’objet d’une nouvelle édition, se traduit littéralement (et difficilement) par irrémédiable ou révolu, et a toujours fait l’objet de traductions plus ou moins libres afin d’exprimer soit l’inéluctable présent et à venir, soit l’impossibilité de revenir sur le passé : Beyond Recall, Irretrievable[15], No Way Back[16], Jours disparus[17], Perdu à jamais[18].
Inspiré de l’histoire vraie du baron Plessen-Ivenack, Theodor Fontane interroge le mariage aristocratique au milieu du XIXe siècle en mettant en scène l’échec irréversible du couple que forme le comte Helmut Holk et la comtesse Christine Arne, soumis à des conceptions divergentes des devoirs conjugaux. L’action se situe en 1859 dans le Schleswig-Holstein, aujourd’hui Länder le plus septentrional d’Allemagne, dans l’ouvrage un duché contesté au Danemark par la Prusse avant son annexion par Bismarck en 1864. Ces lieux et contexte servent de toile de fond aux inquiétudes diffuses des personnages, qu’ils méprisent ou non la politique, fondus dans les horizons baltiques qu’offre le château de Holkenäs en bord de mer.
Holk est un aristocrate mondain, chambellan de la princesse danoise Marie Éléonore, féru de généalogie et gentleman farmer passionné par ses affaires agricoles et les nouvelles techniques vétérinaires. Son épouse Christine est proche d’un pieux courant protestant, les frères moraves, soucieuse de l’éducation de ses enfants autant que de la recherche de son propre bonheur, fortement atteint par le décès prématuré de leur fils Estrid neuf ans auparavant. Ce moment traumatique se cristallise autour de la dégradation du caveau familial où repose l’enfant, qui affecte Christine autant qu’il pousse Holk à se tourner vers des projets visant à créer du nouveau[19]. Ce mariage ne fut pas exempt d’amour mais il est fondamentalement attaqué à sa base par cet évènement qui les a un temps rapproché avant de les éloigner, accentué par les corsets normatifs et les désirs individuels.
Helmut est certes attaché à la reproduction des liaisons légitimes, à l’apparence du mariage, au rang social, à la peur du scandale ; il profite néanmoins de la tolérance sociale vis-à-vis des devoirs conjugaux masculins. Christine, au contraire, adhère à une conception éthique et quasi sacramentelle du lien conjugal. Ces oppositions structurent tout le roman et leur manque d’empathie l’un envers l’autre est brossé par Fontane afin que le lecteur retisse lui-même son lien à chaque personnage, sans avoir à prendre position dans ce conflit intime[20].
L’infidélité de Holk avec la jeune Ebba, dame de compagnie de la princesse que sert le comte, n’est pas vécue par lui comme une transgression radicale mais comme une faiblesse humaine tolérée par l’ordre social, qui fait l’objet de discussions amusées et de sous-entendus badins ou de regards réprobateurs, sans autres sanctions sociales[21]. Fontane souligne ainsi l’existence d’un double standard moral, caractéristique du mariage, a fortiori aristocratique, du XIXe siècle. La femme célibataire, incarnée par Ebba, exprime sa pleine conscience de liberté avant le corset d’un mariage auquel elle ne pourra échapper et sur lequel elle aura sans doute peu d’emprise : « C’est lui qui doit rester fidèle à sa femme, pas moi, et s’il ne l’est pas c’est sa faute et non la mienne. »[22] Et lorsque Holk lui déclare sa flamme après avoir rejeté son épouse, Ebba lui retourne : « En amour c’est l’instant qui domine, et cet instant, on en profite, on en jouit, mais celui qui veut le perpétuer ou qui veut en déduire des droits, des droits qui, s’ils étaient reconnus, renverseraient tous les vrais droits comme toutes les véritables légitimités, celui qui fait cela et au moment même où son partenaire est assez clairvoyant pour reprendre ses esprits insiste sur ces droits comme s’ils constituaient une promesse de mariage, celui-là n’est pas un héros d’amour, il n’est qu’un Don Quichotte. »[23] Voilà un exposé limpide des contradictions entre les droits que l’on s’offre et ceux qui sont imposés par la norme juridique et sociale. Ebba porte par ailleurs un discours engagé sur la place des femmes dans l’histoire, évoquant Brigitte Goje, épouse de l’amiral Herluf Trolle, qui avait joué un rôle essentiel dans la diffusion du protestantisme au Danemark au XVIe siècle, plus que n’importe quelle bataille navale de son auguste mari, en obtenant de l’évêque qu’il ne chasse pas les Luthériens[24].
Dans le couple, Christine représente l’intériorisation extrême du devoir conjugal. Elle ne distingue pas le devoir social du devoir moral et existentiel et rappelle, notamment mais non sans dépit, que son époux ne fait que semblant de s’intéresser à l’éducation des enfants : « Il est possible que la proximité des enfants te donne un certain sentiment de bien-être, mais il n’est pas très différent de celui que te donne le sucrier qui doit toujours être posé à ta droite pour que tu te sentes bien. »[25] Selon le pasteur Petersen, « elle ne cesse de vouloir ce qu’il y a de meilleur, ce qui est conforme au devoir »[26] et Christine rappelle, au sujet des enfants, que « ce qui est prescrit par le devoir ne tient pas compte du bien-être. »[27] Cette confusion de valeurs la rend incapable de compromis. Contrairement aux attentes implicites de son milieu et de la préservation des apparences, Christine exige une fidélité totale, qui dépasse le cadre socialement requis. Voici ce qu’en dit Holk dans l’un de ses multiples soliloques : « Christine était si sûre de tout ; mais qu’y avait-il de certain ? Rien, rien du tout |…] Tout était le fruit d’un accord provisoire, d’une décision majoritaire ; la morale, le dogme, le goût, tout fluctuait, ce n’était que pour Christine que toutes les questions étaient réglées. »[28] Fontane évoque ce que l’on qualifie aujourd’hui de charge mentale ou de violence symbolique du devoir : Christine se détruit au nom d’une norme qu’elle croit universelle mais qui est surtout constitutive de sa raison d’être[29]. De la bouche des enfants eux-mêmes, qui sont par ailleurs des modèles de loyauté et d’éducation : « maman nous accable souvent mais elle prend soin de nous, tandis que papa nous fait tout le temps plaisir mais au fond ne s’occupe pas de nous. »[30]
Fontane déconstruit ici le mythe du mariage réparateur : lorsque les devoirs conjugaux ne reposent pas sur des valeurs partagées, toute tentative de retour à l’ordre initial est vaine, ce que souligne l’épouse du pasteur : « il faut s’aider l’un l’autre, c’est ce qu’il y a de mieux dans un mariage. S’aider, se soutenir et avant tout faire preuve d’indulgence et ne jamais oublier le droit de l’autre. Car qu’est-ce qui est juste ? ça change tout le temps. Mais faire preuve de complaisance envers une bonne personne est toujours juste. »[31]
L’ouvrage montre l’épuisement des normes traditionnelles, l’injustice des devoirs genrés, l’impossibilité de concilier morale absolue et pragmatisme social mais il ne propose pas de solution, ne valorise ni l’indulgence de Holk ni l’intransigeance de Christine. Il relève toutefois la pauvreté des arguments de Holk visant à justifier objectivement la rupture du lien matrimonial, le fait que la « séparation est nécessaire et […] un devoir »[32]. Holk n’y croit pas lui-même en son for intérieur car, dans son discours, il « évite consciemment deux mots : Dieu et le ciel »[33], en somme le devoir. Toutefois, Christine ne se résume pas à une froide caricature sacrificielle, malgré le prénom significatif choisi par Fontane. Elle évoque la douleur principale qui n’est pas la trahison mais le fait de n’être qu’une « faute-de-mieux » car Holk a été éconduit et ce n’est pas lui qui a réalisé son erreur et opéré un retour sincère auprès de son épouse[34]. Elle espère un amour sincère et le bonheur, au-delà du fait d’être une bonne épouse et une bonne mère[35]. Le roman décrit le décalage entre une idéalisation de la tranquillité d’âme et les tourments d’une femme qui ne peut surmonter le deuil d’un enfant et d’un mariage perdu. De toutes les nombreuses femmes décrites dans le roman, jeunes ou âgées, servantes ou princesses, mariées ou célibataires, séductrices ou pudiques, elle est de loin la plus malheureuse et n’atteint aucun de leur degré de pouvoir ou de liberté[36]. Ainsi peut-on percevoir que dans un univers aussi normé, le devoir conjugal est voué à produire des victimes. L’échec du mariage ne résulte pas d’une faute isolée mais d’un système normatif globalement inégal où le devoir, loin de protéger le lien conjugal, en devient le facteur de destruction.
[1] M.-Ch. Guiol, « Les devoirs entre époux à travers la doctrine et la jurisprudence du XIXe siècle », Revue historique de droit français et étranger, janvier-mars 2013, vol. 91, n°1, pp. 101-125.
[2] C. Dauphin, D. Poublan, De l’amour et du mariage. Une correspondance familiale au XIXe siècle, Clio. Femmes, Genre, Histoire [en ligne], 2011, n°34, p. 11. Disponible sur : http://journals.openedition.org/clio/10277 [consulté le 22/04/2026].
[3] A. Limbada, « Misères de la vie conjugale à la Belle Époque. Un courrier des lecteurs du Matin sur le divorce (1908) », Revue historique, mars 2017, n°683, pp. 619-650.
[4] C. Giachetti, « Le mariage dans les mémoires aristocratiques féminins », in S. Gougelmann, A. Verjus (dir.), Écrire le mariage au XIXe siècle, Saint-Étienne : Publications de l’université de Saint-Étienne, coll. Des deux sexes et autres, 2016, pp. 149-162.
[5] C. Muller, « “Je crois que je l’aimerai de tout mon cœur”. Le rôle du journal de jeune fille dans la préparation des mariages (XIXe siècle, France) », in S. Gougelmann, A. Verjus (dir.), Écrire le mariage…, op. cit., pp. 311-327.
[6] Ce changement de paradigme est notamment illustré par le manuel d’A.-S. Chambost, F. Audren, J.-L. Halpérin (dir.), Histoires contemporaines du droit, 1e éd., Paris : Dalloz, avril 2020, coll. Méthodes du droit, avril 2020, p. 372.
[7] Voir par exemple C. Gadenne-Rosfelder, A. Hamon, La vie des femmes dans les campagnes : France, XIXe-XXe siècles, Rennes : Presses universitaires de Rennes, coll. Histoire, 2025, p. 257.
[8] M. Perrot, « Le couple au XIXe siècle », La Cause du Désir, 2016, n°92, pp. 30-32.
[9] J.L. McKinney, Herman Melville and The Law, thèse de doctorat : English (sous la direction de Cohen H.), Philadelphie : Université de Pennsylvanie, 1975, pp. 376-377 : « there were two great ways in which legalism influenced Melville as a writer. The first of these is the impact it had upon his aesthetics. The second is the way in which it guided selection of some characteristic content of his work. […] there is ample evidence that a knowledge of the law and of contemporary legal issues provided Melville with the basic philosophic principles he chose to dramatize again and again during his career ».
[10] A. S. Konefsky, « The Accidental Legal Historian : Herman Melville and the History of American Law », Buffalo Law Review, 2004, vol. 52, n° 4, art. 4, p. 1195.
[11] J.L. McKinney, Herman Melville and The Law, 1975, préc., spéc. p. 130.
[12] D. Clinton, « Line and Lineage : Visual Form in Herman Melville’s Pierre and Timoleon », Nineteenth-Century Literature, juin 2018, vol. 73, n°1, p. 4.
[13] Melville aime confronter les personnes de bonne famille au reste du monde, comme sans doute lui-même le vécut en tant que simple matelot issu de la bourgeoisie désargentée. Voir J. L. McKinney, Herman Melville and the Law, 1975, préc., spéc. p. 18.
[14] H. Melville, Pierre ou Les ambiguïtés, Paris : Gallimard, coll. L’Imaginaire, 2020, pp. 279-280.
[15] T. Fontane, Beyond Recall, trad. D. Parmée, Oxford University Press, 1964 ; réédition sous le titre Irretrievable, New York Review Books Classics, 2011.
[16] T. Fontane, No way back, trad. H. Rorrison et H. Chambers, Londres, coll. Angel Classics, 2010.
[17] T. Fontane, Jours disparus, trad. J. Peyraube, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1981.
[18] T. Fontane, Perdu à jamais, trad. J.-E. Jackson, Paris, Le Bruit du temps, 2025, p. 352.
[19] M. Grimberg, « Désir, conjugalité et discours amoureux dans Unwiederbringlich (1891) de Theodor Fontane », Cahiers d’Études germaniques, n° 45, 2003/2, actes du colloque international d’Aix-en-Provence des 13, 14 et 15 mars 2003, p. 232. L’auteur analyse le décès de cet enfant comme une sorte de damnation, liée notamment au second prénom voulu par Holk, Adam, au motif de le préserver d’une mort précoce, qui fut interprété par Christine comme une malédiction. Par ailleurs Adam prédestine quelque peu la future rencontre de Holk avec Ebba (Ève).
[20] N. Taylor, « Co-creating Characters with Empathy: Fontane’s Unwiederbringlich », German Life and Letters, vol. 70, n° 2, avril 2017, p. 170 : « It is easy to side with Holk against Christine, but it can also be easy to side with her against him ».
[21] M. Grimberg, « Désir, conjugalité et discours amoureux dans Unwiederbringlich (1891) de Theodor Fontane », préc., spéc. p. 235. Ebba incarne malgré tout une série de tabous et de contrastes par rapport à Christine, à commencer par le fait qu’elle soit juive.
[22] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 198.
[23] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 311.
[24] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. pp. 221-222.
[25] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 80.
[26] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 75.
[27] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 80.
[28] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 103.
[29] H. Chambers, « The Inadequacy of the Wife-and-Mother Model : Female Happiness in Theodor Fontane’s Unwiederbringlich », Seminar : A Journal of Germanic Studies, mai 2011, vol. 47, n° 2, p. 288 : « Christine has a husband and two well-adjusted children. These are not an adequate source of happiness and, as in Effi Briest, this family model proves too fragile to be sustained. ».
[30] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 95.
[31] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 130.
[32] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 285.
[33] Ibid.
[34] T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 317.
[35] La quête du bonheur est permanente chez Christine et le thème ouvre et referme le roman, de l’emménagement heureux dans le nouveau château (« Tu m’as demandé si je voulais être heureuse ici […] Aujourd’hui, je réponds que je le veux », T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 40) à la perte d’espoir de retrouver les jours disparus (« Et ceux que j’ai le plus aimé avoir vécus, je ne désire pas les voir revenir », T. Fontane, Perdu à jamais, 2025, préc., spéc. p. 335).
[36] Les femmes sont souvent des protagonistes de premier plan dans l’œuvre de Fontane qui décrit une émancipation toujours plus poussée au fil de ses œuvres, a fortiori dans le rigide contexte prussien du XIXe siècle. Voir K.-L. Ambrose, The Woman Question in Nineteenth-Century English, German and Russian Literature. (En)gendering Barriers, Leyde/Boston : Brill, coll. Studies in Comparative Literature, vol. 80, 2016, p. 150 : « paradoxically, in presenting women with barriers, Fontane gradually afford his heroines the ability to overcome them. There is a clear movement in Fontane from passivity to activity in the roles afforded to women ».


